A première vue, cette photo est anodine. Cette femme assise sur un banc, lisant son journal...quel est son intérêt ?
Mais regardons tout ça de plus près...
Cette jeune fille, cette jeune femme, qui est-elle ? Nous n'en savons rien.
Et pourtant, elle nous paraît étrangement familière...comme si on comprenait sa situation et qu'on voulait l'aider. Mais comment faire ? Elle est prisonnière ; ces grillages à l'arrière-plan contrastent avec l'attitude plutôt décontractée qu'elle a.
Et oui, si on regarde plus attentivement cette photo, une atmosphère étrange s'en dégage...Ces grillages...
Qui nous dit que cette femme n'est pas en prison, dans un hôpital psychiatrique... Mais elle peut être tout simplement dans un parc, les grillages étant là pour cause de travaux, par exemple. On ne sait pas. Mais déjà, cette femme nous apparaît plus mystérieuse, elle commence même à nous faire peur...
Le fait qu'on ne voit pas ses yeux, qu'elle cache son visage, on ne voit pratiquement pas sa peau...cela est un peu effrayant, tout à coup.
L'image est pourtant bien mal décodée. Pourquoi rejette-t-on la faute sur cette jeune femme, qui ne fait que lire son journal bien emmitouflée dans son manteau ? Pourquoi serait-ce elle qui devrait inquiéter ? Pourquoi pas ces grillages, l'enfermant véritablement, la coupant de tout ce qu'il y a autour...? L'herbe verte sintillante, les arbres, les gens, les maisons, la ville...on a l'impression que tout cela n'est plus à sa portée, qu'elle ne peut plus l'atteindre. Rien qu'à cause de ces grillages. C'est cela qui fait réellement peur.
Cette photo peut être prise n'importe où, elle est tout à fait commune, en fait. Des "barrières", il y a en a un peu partout dans notre société. Au sens propre, comme au figuré. Vous voyez, vous n'y faites même plus attention.
C'est cela qui me fait le plus peur, à moi.

